Idées du moment

Randonner avec un accompagnateur

"Marcher pour marcher, tout le monde sait faire"

Après une enfance passée entre les massifs montagneux des Pyrénées, du Pays Basque et de la Savoie, le Lyonnais Jean-Yves Gasser monte faire ses études à Paris et s’y installe. En 1996, il ose la reconversion pour vivre son rêve de nature et de grands espaces.

Comment est né Belledonne Horizon ? Racontez-nous la genèse du projet…

Adolescent, je passais l’été en famille à Arêches, en Savoie. Le temps était consacré à la randonnée et à la fenaison au Col du Pré. J’ai toujours été amoureux de la montagne et de la randonnée, une passion qui est venue en pratiquant l’alpinisme et qui a fini par prendre le dessus. C’est en venant de passer une année chez les Chasseurs Alpins que je vois les sommets de Belledonne. J’ai su que je devais vivre dans cette chaîne de montagne. Après vingt ans passés en région parisienne comme dessinateur industriel, je décide de m’installer dans la région et passe le diplôme d’accompagnateur de montagne.

Belledonne Horizon est avant tout une histoire de passionné.

Que proposez-vous ?

A travers mon rôle d’accompagnateur, je fais découvrir le milieu spécifique de la montagne à un large public : à des familles, des groupes d’amis ou à des personnes seules. De manière générale, on reste sur des choses classiques, randonnée pédestre, marche en raquettes ou marche nordique. Je ne cherche pas la sportivité mais plutôt à faire découvrir et aimer le milieu dans lequel nous sommes. La montagne c’est aussi l’histoire de gens à qui je transmets mes connaissances.

Le partage est la pierre angulaire du projet car marcher pour marcher, tout le monde sait faire…

Il existe plusieurs types de randonnées, quelles sont celles qui sont le plus adaptées pour les enfants et ados ?

C’est avant tout une question de motivation. Un enfant de 7 ans peut affronter 800 à 1000 mètres de dénivelé, mais les adolescents trouvent souvent ça difficile et pas fun. Peut-être sont-ils dans une phase de leur vie qui est elle-même compliquée ? Pourtant, il y a aussi des sorties qui peuvent les intéresser : marcher peu, passer une nuit en refuge sous les étoiles, la soirée avec des lampes frontales et faire un feu en pleine nature… Les adolescents forment un public rare et exigeant, avec eux il faut sortir de l’ordinaire.

Quand j’ai vu les sommets de la chaîne de Belledonne en descendant du train, j’ai su que je devais vivre ici

Apprécier la randonnée en pleine nature, est-ce que c’est quelque chose qui vient avec le temps ?

C’est possible. J’emmène parfois des gens qui ont été dégoûtés de la rando parce que quand on le fait avec les copains, on ne s’arrête jamais, on ne prend pas forcément le temps, on ne voit pas grand chose et on en profite peu. Pourtant, le but ce n’est pas d’être exténué mais bien de se ressourcer.

Quels itinéraires conseillez-vous en Isère pour une randonnée nature en famille ?

La Chaîne de Belledonne d’abord et le secteur du refuge du Crêt du Poulet. Le sommet du Grand Rocher est modeste mais le paysage offre un panorama à 360°.  C’est une boucle de 12km qui se fait très bien en une demi-journée.

Sinon, pour des ados qui ont envie de marcher et faire un bivouac, direction le refuge du Pré du Mollard. La cabane est utilisée en été par le berger, c’est un endroit isolé où l’on peut s’offrir une vraie immersion dans la nature. Comptez 5km de marche avec environ 300 mètres de dénivelé.

Parlez-nous des trésors qu’offre la nature iséroise…

Question paysages, depuis certains points isérois, on a une vue très dégagée et lointaine sur les grands massifs comme l’Oisans, le Mont Blanc, la Vanoise… La flore est quant à elle typée d’un massif à l’autre et évolue bien-sûr au fil des saisons. En Belledonne, on trouve pratiquement toutes les fleurs des Alpes sauf les Edelweiss. Côté faune, les grands et petits mammifères s’approchent différemment : on peut voir des chamois à 200 mètres et des bouquetins à 10 mètres par exemple. Mais il faut cependant marcher longtemps pour avoir la chance de les apercevoir. Il n’y a aucune bête à l’approche des stations, le tourisme hivernal ne permettant pas ce genre d’observation.

Pour une observation de qualité, propice à l’échange et à la convivialité, les groupes de randonneurs ne doivent pas dépasser 4 à 6 personnes.  

Et côté équipement, quels sont les indispensables à prévoir pour une randonnée de plusieurs heures dans la nature ?

La beauté de la nature attire mais elle n’est pas toujours très tendre… En tant qu’accompagnateur de montagne, j’ai un devoir de prévenance. Un sac à dos de 35 litres permet de partir un weekend. Le poncho est bien mieux qu’une veste et un pull en laine tient chaud même mouillé. Et il est nécessaire d’avoir une bonne paire de chaussures qui tient bien les chevilles.