Isère Tourisme

Belledonne au fil de l'eau

Partez à la découverte du massif de Belledonne à quelques kilomètres de Grenoble en suivant le rythme de l'eau. Un voyage entre torrents et patrimoine de l'Isère qui vous mène de la maison d'Aristide Bergès jusqu'au refuge de la Pra.

Le massif de Belledonne, « le château d’eau de Grenoble »

Face à la Chartreuse, dominant l’agglomération et la vallée du Grésivaudan, la chaîne cristalline de Belledonne est un havre de fraîcheur avec une profusion de torrents et de cascades qui alimentent une trentaine de lacs aux eaux pures, à 2 000 m d’altitude.

C’est ici qu’Aristide Bergès, un jeune ingénieur papetier venu des Pyrénées, mena ses travaux sur l’hydroélectricité, dans les années 1870-80.
Grâce à une première conduite forcée de 200 m de dénivelé, puis une autre de 500 m – un exploit pour l'époque ! –, il allait transformer un petit torrent à Lancey en une source d’énergie électrique aussi puissante qu’inépuisable pour faire tourner son usine de papeterie, puis par la suite des centrales hydroélectriques dans la vallée.

La « houille blanche » – le nom qu’il donna lui-même à cette nouvelle énergie pour l’Exposition universelle de 1889 – était née et avec elle, l’amorce d’un âge d’or industriel pour la région.

 

Au temps des Bergès

Avant de partir sur le chemin du lac du Crozet, qu’Aristide Bergès transforma en 1885 en réservoir d’eau pour ses usines, faites une halte à la Maison Bergès, à Villard-Bonnot.

Dressée en-dessous de l’ancienne usine au pied de la montagne, avec sa grande terrasse et son majestueux escalier, la vaste demeure familiale nous transporte dans une ère foisonnante et florissante, au tournant du XXème siècle.
Dans le parc orné de sculptures d’époque, une imposante turbine de fonte de 4 m de diamètre met le visiteur dans le bain, entre arts et sciences.
Car non contents d’être des génies de l’énergie, les Bergès étaient à la pointe en matière d’architecture, de style et de décoration : en témoignent les papiers peints Art Nouveau et les oeuvres peintes par Alfons Mucha, ami de la famille.

Parmi les portraits et photos anciennes, les archives, dessins et brevets d’invention d’Aristide rappellent toutes les péripéties liées à la maîtrise de l’énergie hydraulique. Sans oublier des expositions temporaires toujours passionnantes.

bandeau-maisob-berges-villard-bonnot-alpes-isere

Un lac bleu lagon et une longue histoire

Place ensuite à l’ascension vers le lac du Crozet dans la nature entre blocs rocheux, cascades et forêts.

À partir du col de Pré Raymond (1 370 m d’altitude), au-dessus du petit lac de Freydières, on chemine pendant 2 h par un sentier bien balisé d’abord en sous-bois puis sous les pentes du Grand-Colon.

À un moment donné, une impressionnante conduite forcée annonce la proximité du lac.
Sa réputation n’est pas usurpée : ses eaux bleu lagon et cette incroyable vue « à débordement » sur la Chartreuse en font l’un des plus beaux du massif.

En le surélevant et en perçant un tunnel en dessous, Bergès le visionnaire en a fait un réservoir d’eau pour faire tourner ses usines en hiver. Un panneau en haut du lac rappelle l’histoire riche en anecdotes sur le partage des eaux avec les communes environnantes.

rando-lac-du-crozet-massif-belledonne-alpes-isere

Abri sous roche

En poursuivant vers le refuge de la Pra (compter encore 1 h de montée), on peut voir les ruines de l’abri rocheux qui avait été aménagé à l’époque pour loger les ouvriers, puis mis à la disposition des premiers touristes.
Posté à 2 110 m d’altitude, au pied de la Grande Lance de 
Domène et du Grand Pic de Belledonne – à 2 977 m, il est le sommet culminant du massif , le refuge de la Pra, rénové depuis, fut l’un des premiers construits par le Club Alpin Français en 1889. On retrouve la trace de Gaston Rebuffat, Lionel Terray ou Maurice Herzog sur le livre d’or.

Après dîner, installé face au panorama, on repense à tous ces pionniers, alpinistes ou industriels, qui apportèrent la fée électricité dans tous les foyers.

bandeau-refuge-de-la-pra-belledonne-alpes-isere-images-et-reves

© Texte écrit par Véronique Granger, pour le Magazine ALPES ISHERE #06 - Mai 2020